La vraie présidente, c'est elle !

Publié le par Yohann Abiven

Il faut sans doute être rompuy aux raffinements du fonctionnement de l’Union européenne pour ne pas tousser avec cette fumée blanche venue de la chapelle bruxelloise l’autre jour. Les observateurs se sont étranglés, certains ont baillé, d’autres éternué, ils ont fait ashton parce qu’une drôle de maladie grippe depuis quelques années le projet européen. Un symptôme de moins disant politique, une bactérie intergouvernementale, celle qui musèle les enthousiasmes et les idées pour rebâtir des murs de verre entre les peuples. Les pontifes étatistes réunis dans la capitale euro-belge n’auront même pas eu besoin de traverser le Rubicon, mais tout bonnement le pâté de maison pour aller déloger le premier ministre de l’endroit et lui remettre les clés du conseil européen. Et dire qu’on pensait qu’ils n’arriveraient pas à s’entendre sur deux noms. L’affaire fut finalement vite mise dans le sac des inavouables marchandages nationalistes. L’Union européenne a un petit air de Troisième République qui préféré Deschanel à Clémenceau. Sans doute les chefs d’état et de gouvernement ont-ils suggéré aussi au récipiendaire de penser éteindre la lumière. Ainsi au moins, les disciples de Monnet n’apercevront pas la moribonde Europe, poignardée, à en croire la comptabilité de Michel Rocard, cinq fois. Comment voulez-vous que l’Union se relève d’un pareil assassinat ?, a demandé l’ancien premier ministre de la deuxième gauche. La décapitation finale viendrait de ces deux nominations, celle d’Herman Van Rompuy au poste de Président du conseil de l’Union européenne, et celle de Catherine Ashton à celui de Haute-Représentante pour les affaires étrangères, c'est-à-dire au fond de toutes les affaires de l’Europe puisque les opinions leur sont hélas de plus en plus étrangères.

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